
Préparer sa succession : pourquoi 72 % des Français n'ont rien fait
Préparer sa succession : pourquoi 72 % des Français n’ont rien fait
Ce que révèle l’étude, les idées reçues qui retardent la démarche, et une fiche conseil pour passer à l’action.
Publié le Mis à jour le
79 % des Français jugent les héritages trop taxés. 72 % n’ont pourtant engagé aucune démarche pour préparer leur propre transmission.
C’est le constat d’une étude réalisée par l’institut Discurv pour Inovéa en juin 2026 auprès de 1 000 personnes, relayée notamment par Capital. L’écart entre le ressenti et l’action a une conséquence concrète : sans préparation, c’est la loi qui décide de la répartition du patrimoine et de la fiscalité qui s’applique aux proches.
Voici les enseignements de l’étude, les idées reçues à écarter, les repères fiscaux essentiels et une fiche conseil pour agir.
Ce que dit l’étude
72 %
n’ont engagé aucune démarche
- Près de trois Français sur quatre sont concernés, à quelques mois d’un débat public sur la fiscalité des successions.
79 %
jugent les héritages trop taxés
- Le sentiment de taxation excessive est massif.
- Il ne se traduit pas par des actions pour en limiter l’impact.
70 %
redoutent une succession mal préparée
- Le risque financier pour les héritiers est identifié.
- Il reste, pour la plupart, non traité.
Quatre idées reçues qui retardent la préparation
« Anticiper, c’est tout donner tout de suite. »
On peut transmettre sans se démunir
- Une donation peut porter sur la seule nue-propriété : vous conservez l’usage du bien ou ses revenus.
- Une assurance-vie permet de désigner ses bénéficiaires tout en gardant la maîtrise de son capital.
« La transmission, c’est pour les gros patrimoines. »
Le montant n’est pas le seul critère
- 21 % des répondants conditionnent leur démarche à un patrimoine important.
- La composition du patrimoine et la situation familiale comptent autant : résidence principale, entreprise, famille recomposée, concubinage, enfant en situation de handicap.
« J’ai le temps. »
Le temps est un levier fiscal
- 34 % des personnes qui n’ont rien préparé le pensent.
- Les abattements sur les donations se reconstituent tous les 15 ans : commencer tôt permet de les utiliser plusieurs fois.
« Je ne suis pas assez informé pour m’y mettre. »
Le manque d’information est le premier frein
- Six Français sur dix ne se sentent pas informés.
- Parmi ceux qui se sentent totalement non informés, 89 % n’ont rien engagé, contre 72 % en moyenne.
Que se passe-t-il quand la succession n’est pas préparée ?
Sans préparation, trois points échappent au choix du défunt et de sa famille : la répartition, la fiscalité et l’organisation pratique.
La répartition
À défaut de dispositions particulières, la loi fixe la part de chaque héritier. Un concubin n’est pas héritier ; un partenaire de PACS n’hérite pas sans testament. Le conjoint marié et le partenaire de PACS désigné sont exonérés de droits, mais les enfants restent imposables.
La fiscalité
Au-delà de l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, les droits suivent un barème progressif qui atteint 45 % en ligne directe. Pour un tiers ou un concubin désigné, ils peuvent monter jusqu’à 60 %.
L’organisation
Un patrimoine surtout immobilier peut laisser peu de liquidités pour régler les droits. Les héritiers peuvent alors devoir vendre un bien ou rester en indivision, avec les difficultés de décision que cela suppose.
Repères fiscaux à connaître
Transmission en ligne directe, règles générales
- 100 000 €
- d’abattement par parent et par enfant sur les donations et les successions, reconstitué tous les 15 ans.
- 31 865 €
- de don familial de somme d’argent, en plus de l’abattement, si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur.
- 152 500 €
- d’abattement par bénéficiaire sur l’assurance-vie pour les primes versées avant 70 ans. Après 70 ans, l’abattement est de 30 500 € tous bénéficiaires et contrats confondus, sur les primes seulement.
- Conjoint ou PACS
- exonérés de droits de succession : l’enjeu fiscal se déplace vers les enfants, qui restent imposables.
Règles générales en vigueur au 29 septembre 2026, susceptibles d’évoluer avec les lois de finances. Elles sont revérifiées et appliquées à votre situation lors de l’étude.
≈ 9 000 Md€
de patrimoine à transmettre dans les prochaines années
6 sur 10
Français qui ne se sentent pas informés
19 %
seulement ont consulté un professionnel
Fiche conseil : préparer sa transmission
Faire le point
- Dresser l’inventaire de votre patrimoine : immobilier, entreprise, épargne, assurance-vie, dettes.
- Relire vos clauses bénéficiaires d’assurance-vie : sont-elles à jour et rédigées avec précision ?
- Repérer les proches que la loi protège mal : concubin, partenaire de PACS sans testament, famille recomposée.
Agir
- Utiliser les abattements disponibles par des donations, selon votre âge et vos besoins.
- Anticiper la transmission de l’entreprise et des biens professionnels si vous êtes dirigeant.
- Faire réaliser une étude patrimoniale et successorale avant toute décision.
Questions fréquentes sur la préparation d’une succession
Pourquoi préparer sa succession de son vivant ?
Sans préparation, la loi fixe la répartition du patrimoine et les héritiers supportent les droits sans avoir pu les anticiper. Préparer sa succession permet de choisir qui reçoit quoi, de mobiliser les abattements disponibles et d’éviter que la transmission ne devienne une contrainte pour les proches.
Faut-il un gros patrimoine pour anticiper sa transmission ?
Non. Ce sont la composition du patrimoine et la situation familiale qui déterminent l’intérêt d’une préparation : résidence principale, entreprise, famille recomposée, concubinage, enfant en situation de handicap. Dans l’étude, 21 % des répondants conditionnent pourtant leur démarche à un patrimoine important.
Anticiper sa succession oblige-t-il à donner tout de suite ?
Non. Une donation peut porter sur la seule nue-propriété d’un bien : le donateur en conserve l’usage ou les revenus. L’assurance-vie permet aussi de désigner ses bénéficiaires tout en gardant la maîtrise de son capital.
À quel âge faut-il commencer à préparer sa transmission ?
Le plus tôt possible, car plusieurs mécanismes dépendent du temps ou de l’âge. Les abattements sur les donations se reconstituent tous les 15 ans, le don familial de somme d’argent exige un donateur de moins de 80 ans et l’abattement de l’assurance-vie est plus favorable pour les primes versées avant 70 ans.
Que comprend une étude patrimoniale et successorale ?
Une étude patrimoniale et successorale consiste généralement à établir l’inventaire du patrimoine, à analyser la situation familiale et les garanties existantes, puis à comparer les options de transmission et leur fiscalité. Le cabinet Empirica Conseil la réalise à Lille.
Faire le point sur votre situation
Le cabinet Empirica Conseil étudie votre situation familiale, la composition de votre patrimoine et vos garanties existantes, puis présente les options de transmission adaptées.
Contactez-nousSources : étude Discurv pour Inovéa, juin 2026, 1 000 Français, relayée par Capital et d’autres médias. Repères fiscaux : Code général des impôts, articles 779, 790 G, 757 B et 990 I. Contenu informatif : il ne constitue pas un conseil personnalisé.
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